| Lettre ouverte au Ministre de la Santé |
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| Actualité | |||
| Jeudi, 10 Novembre 2011 16:29 | |||
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En réponse à l'interview du 08 Novembre 2011 sur France 2 de M. le Ministre de la Santé durant laquelle il a évoqué les problèmes de production de plasma thérapeutique rencontrés par l'EFS, le CA de la SFVTT lui fait parvenir une lettre ouverte :
Lettre ouverte du Conseil d'Administration à :
M. Xavier BERTRAND
Ministre du Travail, de l'Emploi et de la Santé 127 rue de Grenelle 75 700 PARIS 07 SP Marseille, le 10 Novembre 2011. Objet: Projet d'importation de plasma traité par Solvant Détergent
Monsieur le ministre,
La publication d'un article sur le site du journal le Point nous a vivement émus. Il faisait mention d'un projet d'importation de Plasma Frais Congelé Viro-Atténué traité par du Solvant Détergent (PFC-SD) provenant de « dons rémunérés » auprès de la société Octapharma.
Les dépêches de l'Agence de Presse Médicale du 08 novembre 2011 ne nous ont que partiellement rassurés car les communiqués cités ne réfutent pas clairement l'article sur la question des importations de plasmas ni sur la possibilité que ceux-ci soient issus de dons rémunérés. A ce jour, les Produits Sanguins Labiles Français, dont font partie les plasmas, relèvent de l'Hémovigilance et sont des produits issus de dons éthiques, anonymes et non rémunérés.
Un rappel de l'état des lieux est nécessaire pour la compréhension du présent courrier :
1) Nous disposons de plusieurs types de plasmas référencés au J.O. :
Les 4 plasmas sont sécurisés, les 3 premiers par inactivation virale et le dernier par quarantaine (cf. JO du 06/11/2011, Décision du 19/10/2011).
2) La production française de PFC-SD est actuellement interrompue en raison de "problèmes bactériologiques et mécaniques". L'arrêt du fonctionnement de l'usine de Bordeaux limite à deux, au lieu de trois, les types de plasmas alternatifs disponibles, mais globalement n'affecte pas le niveau du stock de plasma.
3) Le procédé d'atténuation virale du PFC-BM, utilisé depuis 3 ans, s'est révélé un échec. Il a créé un risque allergique, bien supérieur à celui observé avec les autres plasmas, conduisant à son retrait. Sa délivrance reste cependant autorisée pendant la période transitoire, malgré le risque connu d'allergie et la demande d'arrêt d'utilisation de ce produit par la Commission Nationale d'Hémovigilance.
4) Le PFC-IA, Quant à lui, est le plus récemment référencé au J.O.. Il est actuellement utilisé dans deux régions françaises et devrait remplacer, au terme de son déploiement, le PFC-BM sur le territoire national.
5) Le PFCSe, remplacé par le PFC-BM il y a 3 ans, est un plasma qui a fait ses preuves, tant au plan de la sécurité que de l'efficacité :
Le fait de systématiquement éviter de mentionner le PFCSe ne peut que nous interroger. Refuser de délivrer à nouveau ce type de plasma pourrait aussi être interprété comme un refus dogmatique d'utiliser des produits qui ont fait leurs preuves et se sont améliorés au cours du temps au nom d'un mythique « progrès continu ».
D'ores et déjà, les plasmas collectés et qualifiés ces dernières semaines pourront sortir de quarantaine rapidement et constituer des plasmas sécurisés thérapeutiques tels qu'ils sont inscrits sur la liste des produits sanguins labiles. Ils prendront le relais des plasmas manquants:
La collecte ayant continué sur un rythme soutenu, une pénurie de plasma ne pourrait survenir que si on interdisait arbitrairement la délivrance du PFCSe et si on limitait artificiellement la production de PFC-IA. Il n'existe aujourd'hui aucune justification à l'application d'un quota pour la production de ce type de plasma.
En poussant à l'extrême dans le cas le plus improbable d'une insuffisance de stock au niveau national, une alerte de l'Etablissement Français du Sang serait émise bien avant d'arriver à une pénurie et permettrait de faire appel:
Pourquoi, dans ces circonstances, évoquer prioritairement, sinon uniquement, le recours à des firmes pharmaceutiques? Celle citée par le Point serait basée en Suisse. Cette seule information peut laisser libre cours à toutes les interprétations.
Les questions soulevées vont bien au delà de la simple conjoncture, le problème est sociétal :
Nous souhaitons que la gestion de l'abandon progressif du PFC-BM prenne en compte tous les éléments disponibles et ne soit pas une décision engageant l'avenir.
Nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération.
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