| LE TRANSPORT DES PSL ET LEUR CONSERVATION AU SEIN DE L’ES |
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| 2004 Marseille - Nouveaux outils en hémovigilance |
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Le matériel que ce soit les véhicules, les emballages, les eutectiques ou les indicateurs de température, doit être validé, entretenu et contrôlé. Documentation, mode opératoire, fiche de transport, contrat, convention doivent être établis conformément à la réglementation et régulièrement mis à jour. Le personnel doit recevoir une formation spécifique, renouvelée et validée. INTRODUCTION Les transports ou, encore ce que certains appellent d’un grand mot la logistique, ont toujours été un problème en transfusion sanguine même à l’époque des flacons de verre qu’il ne fallait pas casser. L’arrêté du 24 avril 2002 portant homologation du règlement relatif aux bonnes pratiques de transport des prélèvements, produits et échantillons issus du sang humain, a eu le mérite de clarifier les choses, mais sûrement pas de les simplifier. L’objectif, clairement dévoilé dans cet arrêté, est de transporter les produits sanguins labiles dans des conditions permettant d’assurer leur bonne conservation et leur intégrité, dans un délai raisonnable, en respectant les règles d’hygiène et de sécurité. Nous allons donc tenter de faire le tour de la question. LE MATERIEL GÉNÉRALITÉS Les équipements de transport doivent être qualifiés quant aux températures de conservation pour chaque type de produit. Ils ne doivent présenter aucun risque pour les produits (surface de contact…) Ils doivent être lavés et désinfectés régulièrement Les solutions ou le matériel de nettoyage ne doivent entraîner aucune altération des produits. Les matériels et équipements utilisés pour le transport des produits sanguins labiles (PSL) sont :
Les véhicules de transport Sont autorisés :
accord particulier pour des produits concernant la transfusion : des réactifs, des tubes de prélèvement…) Sont interdits :
Les eutectiques Ils doivent être en nombre suffisant pour maintenir au sein du colis la température désirée. Les produits sanguins ne doivent pas être en contact avec les eutectiques. Une validation doit être faite pour un temps donné de conservation en fonction du container, des eutectiques et du nombre de produits transportés. Les indicateurs de température Les enregistreurs continus de température : Ils permettent à l’arrivée des produits d’éditer une courbe de température validant ainsi le transport, l’avantage est qu’il y a une trace écrite de la validité de la température pendant le trajet, l’inconvénient est la lourdeur du système et l’obligation d’avoir un ordinateur avec un logiciel aussi bien à l’Etablissement français du sang (EFS) que dans les établissements de santé (ES). Les témoins de température : Ce sont des témoins individuels posés sur chaque produit et qui indiquent, le plus souvent par variation de couleur, qu’une température de référence a été dépassée pendant un temps donné. Les avantages sont la simplicité de lecture et la validation individuelle du produit, l’inconvénient est le manque de traces conservables obligeant un enregistrement manuel de la validité du transport pour chaque produit. Les contrôleurs électroniques, très prometteurs, ne sont pas encore d’utilisation courante. Les emballages L’emballage utilisé doit être spécifiquement destiné aux produits sanguins. Il doit être un isolant thermique, de taille adaptée au volume à transporter. a) Le conditionnement primaire Les poches pour les produits sanguins. Les tubes pour les échantillons destinés aux analyses biologiques. b) Le conditionnement extérieur Il est composé de matériaux adéquats pour protéger le produit des chocs, des risques d’écrasement et des changements de température. Il doit garantir que le contenu ne se répand pas en cas de rupture du récipient. Il peut être muni d’un témoin de fermeture permettant de déceler une éventuelle ouverture au cours du transport. Il peut être à usage unique ou réutilisable. Chaque type de produit doit être transporté dans un récipient séparé. L’emballage intermédiaire Il assure la séparation entre le récipient de transport et le DOCUMENTATION Mode opératoire Tous les transports font l’objet d’un mode opératoire détaillant le conditionnement des produits, les circuits, les délais, les responsabilités, le contrôle à réception. Bordereau de livraison Pour chaque emballage intermédiaire doit figurer une liste détaillée de son contenu, visible à l’extérieur de l’emballage. Etiquetage spécifique L’étiquetage de chaque colis doit comporter : Pour les colis contenant des récipients fragiles : Une étiquette comportant un verre à pied noir sur fond blanc Pour les colis contenant des matières liquides : Une étiquette comportant 2 flèches noires sur fond blanc pour indiquer le coté d’ouverture Fiche de transport Une fiche de transport est remise à la personne effectuant le transport, comportant :
Contrat avec une entreprise prestataire Le recours à un prestataire nécessite un contrat conforme
LE PERSONNEL Le personnel chargé du transport peut appartenir à l’EFS, aux établissements de santé ou être des prestataires de services. Le personnel affecté à ces fonctions peut être affecté à d’autres secteurs d’activités. Le personnel reçoit une formation spécifique ou une sensibilisation au transport de PSL. La formation du personnel doit porter notamment sur : Les différents types de produits et en particulier les exigences de maintien de température et les conditions de manipulation des produits. Ces exigences seront détaillées dans le chapitre IV Les règles d’hygiène et de sécurité Les emballages extérieurs servant au transport doivent être maintenus propres et faire l’objet de mode opératoire de nettoyage et de désinfection. Les véhicules doivent faire l’objet d’un contrôle d’hygiène régulier. Une fiche d’instruction est jointe à la fiche de transport sur la conduite à tenir en cas de souillure ou de fuite. Les circuits de transport Le transport s’établit selon un circuit clairement défini et des délais prévus tenant compte de la conduite à tenir en cas de retard impromptu (verglas…). Les risques associés au produit Risque de contamination virale ou bactérienne. REGLES DE TRANSPORT EN FONCTION DES PSL Transport de l’EFS à l’établissement de santé a) Concentrés de globules rouges La température de transport est de 5°C ± 3°C. La température de 10°C est autorisée pendant 12 heures au maximum. La chaîne du froid ne doit pas être rompue au moment de la distribution à l’EFS et au moment de la réception à l’ES surtout si les produits sont destinés à être gardés dans un dépôt. Le transport en voiture climatisée est recommandé. Les containers doivent être réfrigérés, mais attention aux glaçons : un produit hémolysé peut être fatal ou tout au moins conduire un malade en dialyse. b) Plasmas thérapeutiques Les plasmas doivent être livrés décongelés. La température de transport est donc la température ambiante. Les plasmas peuvent être livrés congelés dans le cas de l’approvisionnement d’un dépôt autorisé. Dans ce cas il est recommandé de faire le transport en carbo-glace de façon à ne pas induire un cycle de décongélation - recongélation nuisible aux facteurs de coagulation. c) Concentrés de plaquettes La température de transport est de 22°C ± 2°C et doit être strictement respectée. Les containers doivent être validés pour chaque type de transport (interne à un établissement, transport extérieur, transport en voiture de longue durée….) En cas de transport en voiture non climatisée, il faut s’assurer que les produits sont placés dans la voiture et non dans le coffre (glacière en hiver, four en été). Transport de l’établissement de santé à l’EFS a) Produits devant être détruits Ils sont placés dans des containers à part, clairement identifiés. Les produits doivent être accompagnés d’une fiche spécifiant les causes de la destruction. Les produits et la boite les contenant doivent porter la mention « Ne pas transfuser ». b) Produits devant être remis en stock à l’EFS Un produit ne peut être remis en stock que s’il est accompagné d’un contrôleur de température individuel. En effet un enregistreur placé dans un container ne peut suffire à assurer que le produit est toujours resté à la température souhaitable. CONCLUSION L’éloignement des services de préparation et la réglementation des dépôts ES de plus en plus contraignante font que les produits sanguins circulent de plus en plus. L’hémovigilance a mis en évidence le risque bactérien. Il est donc extrêmement important pour la sécurité transfusionnelle d’avoir des conditions de transport optimales pour la qualité des produits et la sécurité des patients. Un concentré de globules rouges ou un concentré de plaquettes qui a eu chaud ou pire froid est un produit inefficace sur le plan transfusionnel et dangereux pour le malade. ANNEXE CONSIGNES DE TRANSPORT Les produits sanguins sont des produits biologiques d’origine humaine
-Ne pas ouvrir les emballages -Les préserver des chocs physiques et des variations de température -Acheminer les produits dans les meilleurs délais • En cas de livraison impossible ou différée : -Prévenir immédiatement l’expéditeur et éventuellement le destinataire • En cas de produits répandus à l’extérieur de l’emballage : -Eviter tout contact avec les produits sanguins -Demander à l’expéditeur ou au destinataire de prendre en charge les emballages détériorés -Désinfecter les surfaces souillées
-Laver abondamment à l’eau et au savon -Désinfecter selon le mode opératoire du transporteur -Contacter au plus tôt un médecin (idéal dans l’heure, maximum dans les 4 heures) -Prévenir le médecin du travail. REFERENCES Arrêté du 24 avril 2002 portant homologation du règlement relatif aux bonnes pratiques de transport des prélèvements, produits et échantillons issus du sang humain. Albane Girard (Etablissement français du Sang Normandie, 1 rue du professeur J. Rousselot – 14000 Caen) |