| La transfusion en gériatrie |
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| Formations Nationales - Montsouris 2009 | |||
| Mardi, 22 Septembre 2009 10:51 | |||
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R Mahmoudi1,2, JL Novella1,2
Ces dernières années ont été marquées par un net vieillissement de la société française avec une population des SA de plus de 75 ans actuellement estimée à plus de 4,5 millions soit environ 7,7% de la population française. L’espérance de vie est également en hausse : elle franchit le seuil des 77 ans pour les hommes (77,5 ans) et atteint 84,3 ans pour les femmes [1]. Parallèlement, la prévalence de l’anémie augmente après 50 ans pour atteindre 20 à 25% chez les SA de plus de 85 ans [2]. Elle est maximale chez les SA institutionnalisés où sa prévalence varie de 48 à 63% [3]. Les causes de l’anémie du SA sont multiples : elle est due à un état carentiel dans un tiers des cas dont la moitié liée à une carence martiale. Pour un tiers des cas elle est liée à une insuffisance rénale aiguë ou chronique. Enfin dans un tiers des cas, aucune cause n’est identifiée [2]. Le principal problème lié à l’anémie du sujet âgé est que cet état constitue un risque de décompensation d’une situation de fragilité présente chez l’individu. Les SA cumulent en moyenne 3 à 5 pathologies. Parmi celles ci, les affections cardiovasculaire symptomatique (40% des cas) et les syndromes démentiels (20% des cas). Ces affections sont particulièrement sensibles à l’anémie [4], de nombreuses études montrent que l’anémie du SA est un facteur de risque de déclin cognitif et fonctionnel [5]. Sa sévérité est associée à un risque élevé d’hospitalisation et de décès [6]. De ce fait, la transfusion est un acte thérapeutique de plus en plus couramment réalisé en gériatrie. Cependant, l’hétérogénéité de la population gériatrique soulève différentes questions : celles de la tolérance de l’anémie, du seuil transfusionnel, la durée et la surveillance de la transfusion, des risques inhérents à l’acte transfusionnel. Dans la pratique il n’existe pas un sujet âgé mais des sujets âgés de capacités et de pronostics différents pour lesquels l’age chronologique ne renseigne quasiment en rien le thérapeute. La vitesse de progression des processus du vieillissement est très variable d’un individu à l’autre, variabilité qui augmente avec l’âge mais aussi en fonction des comorbidités. Ainsi, il est classique d’individualiser 3 grands types de vieillissement.
Se pose ensuite la question de la tolérance de l’anémie et dont la réponse relève souvent de la performance sémiologique. En effet, la symptomatologie de l’anémie du SA est atypique ; elle peut se manifester par un syndrome confusionnel voir des chutes. De même, les signes de mauvaise tolérance sont aussi peu spécifiques tels que la somnolence, ou l’anxiété ou encore par une asthénie pourvoyeuse de repli et de perte d’autonomie progressive. Enfin, une fois l’indication transfusionnelle posée, trois points importants doivent être respecté : une transfusion lente pour chaque culot globulaire, une surveillance clinique et hémodynamique pendant et à la fin de chaque culot globulaire [9]. L’usage concomitant d’un diurétique de l’anse doit être discuté en fonction des comorbidités (cardiopathie préalable) et des complications iatrogènes (signes de surcharge per transfusionnelle). Dans une étude descriptive réalisée sur la pratique transfusionnelle en gériatrie, la transfusion s’était compliquée d’une poussée d’insuffisance cardiaque dans 15 % des cas, malgré le recours à un traitement diurétique préventif dans 40 % des cas [10]. Dans la pratique, il apparaît difficile d’envisagé pour la population âgée une règle unique quant a la conduite a tenir vis à vis de l’acte transfusionnel et ce en raison d’une trop grande hétérogénéité de cette population. Nos connaissances semblent aujourd’hui encore incomplètes vis a vis de ce sujet émergent et des travaux collaboratifs entre les différentes spécialités concernées sont nécessaires afin d’aboutir à une prise en charge la plus consensuelle. Biblio :
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| Mise à jour le Lundi, 23 Novembre 2009 15:07 |